Vous venez de recevoir un devis plus intéressant chez un concurrent, ou votre assureur actuel a fini par vous agacer une fois de trop ? Bonne nouvelle : depuis la loi Hamon, vous n’êtes plus obligé d’attendre la date d’échéance de votre contrat pour en changer. Passé un an d’engagement, la résiliation est possible à tout moment, sans frais et sans avoir à vous justifier. Encore faut-il connaître la procédure exacte pour éviter tout trou de garantie. Voici le déroulé complet, étape par étape.
Ce que dit vraiment la loi Hamon
La loi Hamon (n°2014-344 du 17 mars 2014) a mis fin à un vieux problème : avant elle, résilier son assurance auto hors échéance annuelle relevait du parcours du combattant, sauf motif légal précis (vente du véhicule, déménagement, etc.). Depuis son entrée en vigueur, tout assuré peut mettre fin à son contrat auto dès que la première année d’engagement est écoulée, sans avoir à invoquer le moindre motif.
Deux précisions évitent les mauvaises surprises :
- La résiliation n’est possible qu’après la première échéance annuelle : un contrat souscrit depuis 8 mois ne peut pas être résilié via Hamon.
- Le préavis légal est d’un mois à compter de la réception de la demande par l’assureur : la couverture continue de courir pendant ce délai.
Ce cadre ne dispense pas de vérifier votre situation personnelle : certains contrats spécifiques (assurance temporaire, contrats professionnels) suivent des règles différentes. En cas de doute, un appel à votre assureur ou un rendez-vous avec un courtier reste le réflexe le plus sûr avant d’entamer une démarche.
Étape 1 : vérifier que vous êtes éligible
Avant toute chose, sortez votre contrat ou connectez-vous à votre espace client pour repérer la date de souscription. Si elle remonte à plus d’un an, vous êtes éligible à la résiliation infra-annuelle. Si ce n’est pas encore le cas, notez la date anniversaire : c’est à partir de ce jour que la procédure Hamon devient possible, pas avant.
Étape 2 : choisir qui gère la résiliation
Trois options existent, avec un niveau d’effort différent :
- Laisser le nouvel assureur s’en charger. C’est l’option la plus simple : au moment de la souscription du nouveau contrat, vous signez un mandat de résiliation et le nouvel assureur notifie lui-même l’ancien. C’est la voie la plus utilisée aujourd’hui.
- Résilier vous-même par lettre recommandée avec accusé de réception, en indiquant vos coordonnées, le numéro de contrat, l’immatriculation du véhicule, le motif légal (loi Hamon) et la date souhaitée de fin de contrat.
- Résilier en ligne depuis votre espace client, en quelques clics, si votre contrat a été souscrit à distance : c’est une possibilité ouverte depuis le décret du 1er juin 2023 qui a simplifié la démarche pour les contrats de ce type.

Étape 3 : ne jamais laisser de trou de garantie
C’est le piège le plus fréquent. Une résiliation loi Hamon prend effet un mois après la réception de la demande par l’assureur, pas le jour de l’envoi. Concrètement : n’envoyez jamais de lettre de résiliation sans avoir d’abord signé votre nouveau contrat, avec une date de prise d’effet qui s’enchaîne sans interruption sur la fin de l’ancien. Rouler sans assurance, même une seule journée, est une infraction pénale, et votre bonus-malus ne s’y retrouve pas non plus en cas de sinistre pendant cette zone grise.
Si vous passez par le mandat du nouvel assureur, ce risque est en pratique éliminé : c’est justement l’intérêt de cette option, l’enchaînement des contrats est géré automatiquement.
Étape 4 : suivre la confirmation de résiliation
Une fois la demande envoyée, l’ancien assureur doit vous confirmer la date effective de résiliation, généralement par courrier ou depuis votre espace client. Conservez précieusement ce document : c’est votre preuve en cas de litige sur la date, notamment si un sinistre survient pendant le mois de préavis. Vérifiez aussi que le remboursement au prorata de la cotisation déjà versée est bien effectué, l’assureur ne pouvant conserver que la part correspondant à la période effectivement couverte.

Le sort de votre bonus-malus pendant la transition
Changer d’assureur ne remet jamais votre coefficient bonus-malus à zéro : il vous suit d’un contrat à l’autre, à condition de fournir le relevé d’information que votre ancien assureur est tenu de vous délivrer sous 15 jours après la résiliation. Demandez-le systématiquement, même si vous ne pensez pas en avoir besoin dans l’immédiat : c’est ce document qui permet au nouvel assureur de reprendre votre historique sans repartir d’un coefficient de référence à 1.
Ce que la loi Hamon ne permet pas
Quelques limites à connaître pour ne pas se tromper de procédure :
- Impossible de résilier avant la fin de la première année, sauf motif légal classique (vente du véhicule, déménagement à l’étranger, changement de situation professionnelle prévu au contrat).
- Le mécanisme ne s’applique pas de la même façon à tous les contrats collectifs ou professionnels : vérifiez les conditions particulières.
- La résiliation loi Hamon n’annule pas une éventuelle franchise ou un sinistre en cours : les dossiers ouverts avant la résiliation continuent d’être traités par l’ancien assureur jusqu’à leur clôture.
Faut-il forcément changer d’assureur pour faire baisser sa prime ?
Pas toujours. Avant de vous lancer dans une résiliation, il peut valoir le coup de renégocier directement avec votre assureur actuel : franchise, options, kilométrage déclaré sont souvent négociables sans changer de compagnie. Si la discussion n’aboutit pas, la loi Hamon reste le levier de dernier recours, mais gratuit et sans justification à apporter.
Que se passe-t-il si je n’ai pas encore un an de contrat ?
Vous ne pouvez pas invoquer la loi Hamon avant l’anniversaire de souscription. Il reste possible de résilier plus tôt si vous entrez dans un cas légal classique (vente du véhicule, déménagement, décès, changement de situation matrimoniale selon les conditions générales), mais ce n’est pas la procédure Hamon à proprement parler.
Le nouvel assureur peut-il refuser de gérer ma résiliation ?
Non, c’est un service que la quasi-totalité des compagnies proposent aujourd’hui par défaut à la souscription, précisément parce que la loi Hamon a normalisé cette pratique. Si un assureur ne le propose pas, rien ne vous empêche de gérer la démarche vous-même par lettre recommandée.
Dois-je attendre une réponse avant de considérer le contrat résilié ?
Oui : la résiliation prend effet un mois après réception de la demande par l’assureur, pas à l’envoi. Gardez une preuve de dépôt ou d’envoi et ne considérez le changement acquis qu’une fois la date de fin confirmée par écrit.
En résumé
La loi Hamon a considérablement simplifié le changement d’assurance auto : après un an de contrat, la résiliation est libre, gratuite, et généralement gérée par le nouvel assureur lui-même. Le seul vrai piège à éviter reste le trou de garantie entre l’ancien et le nouveau contrat. Si vous cherchez d’abord à faire baisser votre prime sans changer de compagnie, notre guide pour payer moins cher son assurance auto liste les leviers à activer avant de vous lancer. Et si vous préférez gérer la résiliation vous-même, notre modèle de lettre de résiliation reprend toutes les mentions obligatoires. Pensez aussi à vérifier ce que couvrent réellement vos options et garanties avant de signer ailleurs, et à demander votre relevé d’information pour que votre bonus-malus vous suive sans accroc.











